Produits Israéliens

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Titulaire d'un Master de psychologie du travail et ergonomie cognitive - Univ Paris 8. J'habite à Paris et ma famille vit en Israël.

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Les produits agricoles d’Israël, au commencement des exportations

Un bref aperçu de l'histoire des exportations vers l'Europe.

Shirley BensimonShirley Bensimon

Vous souvenez vous des délicieux avocats Carmel, des belles oranges Jaffa? Les pamplemousses et les mandarines avec la petite étiquette autocollante dessus ? On les voyait partout, chez les primeurs, dans les super et même les hypermarchés. Ne vous êtes vous pas demandés pourquoi on n’en trouve plus ? Et bien, je me suis posée la question. Surtout à propos des avocats. Avez-vous remarqué non seulement leur prix n’a pas baissé, mais que surtout la qualité d’hier n’est plus là. Souvent, ils sont sans goûts, et le pire c’est qu’ils noircissent à l’intérieur avant de mûrir à leur surface. Les choisir sur les étals est compliqué, on en trouve de très fermes et difficiles à éplucher, ou des trop mûrs, et une fois rapportés à la maison, soit on y trouve des filaments et des parties dures à l’intérieur et trop souvent il faut en jeter une partie, alors pour me consoler, je garde le noyau pour le mettre dans l’eau mais là c’est une autre histoire. Pourquoi ce problème de qualité ne se posait quasiment jamais avec les avocats Carmel d’Israël ?

Le fait est que les avocats d’aujourd’hui viennent du Mexique, du Pérou, du Chili et d’ailleurs. Ils sont cueillis avant leur maturité, et traités pour être conservés plus longtemps, l’empreinte carbone de leur transport est désastreuse et c’est le consommateur qui en fait les frais. Auparavant, avec les avocats et fruits Carmel, importés en France, et aussi dans toute l’Europe par la Société Agrexco, les choses allaient mieux. Alors j’ai cherché à savoir pourquoi on ne voyait quasiment plus cette marque, et je tiens à vous livrer les résultats de mes petites recherches.

Tout commence en 1956/57, L’entreprise Carmel Agrexco, était gérée par le ministère de l’agriculture israélienne, les producteurs agricoles et par Tnuva, la compagnie laitière israélienne (respectivement 50%, 25% et 25%).

Depuis le 11 septembre 2011, Agrexco a été mise en liquidation judiciaire et en Mai 2014 Tnuva a été racheté par un groupe chinois. Cette dernière avait déjà été rachetée par Apax Partner (société d’investissement anglaise) en 2007 alors qu’elle a existé pendant 80 ans sous la forme d’une coopérative appartenant à des producteurs laitiers israéliens et des kibboutz. On se souvient des manifestations israéliennes de 2011 contre les augmentations des produits laitiers et notamment du prix du fromage frais de type cottage.

Dans les années 2000, Agrexco, sous le label Carmel, gérait la logistique (collecte, emballage, expédition, distribution) et la promotion commerciale de 300 000 tonnes de produits frais chaque année. Plus de 2000 fermiers israéliens fournissaient 600 variétés de produits (20% de fruits, 10 % de citrons, 30% de légumes, 30 % de fleurs) alimentaient les étals de Londres, Rotterdam, Zurich, Francfort, Vienne, Milan, Madrid, New York et bien entendu Paris via le port de Marseille. Ces derniers, représentait 80 % de l’ensemble du transit européen. Dans les années 2000, Carmel Agrexco proposait également ses produits au Moyen orient et au Maghreb.

Jusqu’à la fin des années 90, Agrexco bénéficiait d’un statut de monopole mais rapidement, 75 compagnies ont obtenu l’autorisation d’exporter leurs produits.

L’une des plus importante, MEHADRIN INTERNATIONAL a été crée en décembre 1996 pour commercialiser des produits agricoles. Des agrumes (oranges, citrons, clémentines, pomélos) et aussi des avocats, dattes, grenades, litchis, patates douces, pommes de terre, mangues, kakis, carottes, poivrons, tomates. La plupart des produits Mehadrin sont expédiés vers des endroits éloignés en Extrême-Orient – principalement vers le Japon, Singapour, la Chine et la Thaïlande.

L’originalité de Méhadrin en comparaison à Agrexco consiste à être propriétaire des vergers ou a en détenir un bail à longue durée. Ils affichent une transparence sur l’implantation géographique des produits commercialisés et aucun n’est établi dans les territoires contestés.

Citons également la Société Yarden, créée au début des années 80 pour exporter des produits Cachers frais, surgelés, épicerie et liquides produits par des producteurs appartenant à des kibboutsim israéliens.

En Mai 2009, une coalition contre la société Agrexco s’est organisée à un niveau européen. Selon les sources il s’agit de 20 à 170 associations civiles palestiniennes, qui appellent au boycott. Elles se basent sur l’accusation que les produits récoltés et exportés provenaient des territoires contestés et non en Israël, et qu’ils financent la guerre. Lors d’une interview, le directeur Agrexco Carmel Londres a reconnaît, qu’en effet, une partie des produits exportés étaient récoltés par des producteurs palestiniens. Afin de distinguer les origines des productions, en 2010, Agrexco Carmel décide d’exporter des produits agricoles de la bande de gaza (fraises et fleurs) vers l’Europe, en les étiquetant comme des produits de Gaza, comme on le leur demandait. Là encore, les associations de boycott attaquent Agrexco et l’accusent de procéder à une opération purement médiatique. Et mènent des actions dans des super et hypermarchés visant à détruire les produits venant d’Israël, et même en passant devant des fleurs, dont l’origine n’est pas indiquée, s’en prennent également au rayon des fleurs sur leur passage. Ces opérations se sont multipliés jusqu’à ce qu’en Août 2011, la société Agrexco Carmel soit liquidée à Tel-Aviv.

Pourtant, sur le net, on peut trouver la trace avec des photos de femmes palestiniennes qui manifestent à Gaza, contre ces opérations de boycott dont elles sont les victimes finales. Cette information n’a jamais été relayée dans nos médias traditionnels.

A l’heure ou je termine la rédaction de cet article, j’apprends que B. Netanyahou décide de suspendre sa coopération avec l’Europe suite à la décision de faire étiqueter les produits de Judée, Samarie et du Golan. Bien entendu, nous restons rassurés sur le fait que cette décision ne portera pas sur les individus, les populations, mais sur les institutions de l’Union Européenne.

Titulaire d'un Master de psychologie du travail et ergonomie cognitive - Univ Paris 8. J'habite à Paris et ma famille vit en Israël.

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