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Je suis orientaliste et psychanalyste-psychothérapeute. Combinant les deux formations, je m'intéresse particulièrement à l'ethnopsychanalyse et à l'approche historique des communautés juives dans le monde arabe. J’aime appréhender les domaines de ma spécialité dans une perspective comparatiste et pluridisciplinaire. Je vis en Belgique dans la ville universitaire de Leuven.

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Bref aperçu historique de la langue hébraïque

L’hébreu est aujourd’hui une langue parlée par plus de 9 millions de personnes à travers le monde. Mais sommes-nous tous conscients de ses origines ?

Myriam AmoësMyriam Amoës

L’hébreu est issu des dialectes cananéens et est une langue sémitique. Dans Isaïe XIX, 18, la Bible mentionne l’hébreu comme étant la langue de Canaan. Le terme juif se retrouve mentionné vers la moitié du premier millénaire av. J-C. dans le second Livre des Rois (Isaïe XXXVI et Néhémie, XIII, 23). Vers 130 av. J.-C. Ben Sira, un érudit juif, mentionna le terme Ἑβραϊστί (hebraisti) dans le prologue de l’un de ses ouvrages écrit en grec. Ce terme apparait également dans les écrits de Flavius Josèphe, historiographe judéen d’origine juive, et de langue grecque, du Ier siècle, ainsi que dans le nouveau testament, où il est utilisé pour désigner l’araméen, afin de le distinguer du grec.

L’hébreu biblique, langue dans laquelle fut rédigée la Bible hébraïque (à l’exception des Livres et sections rédigés en judéo-araméen), est utilisé de 1200 à 500 av. J.-C. Aujourd’hui les documents les plus anciens datent du Xème siècle av. J.-C. (par ex.: l’abécédaire de Zayit). Les écrivains hébreux ont standardisés la langue écrite, qui était constituée d’un ensemble de dialectes, un exemple étant le verset 6,12 des Juges. Il existait trois dialectes : le transjordanien, le judéen et le nord-israélien.

 L’hébreu biblique tardif nous est connu des textes apocryphes et des manuscrits de Qumrân. Pendant l’exil des Judéens à Babylone il fut influencé par l’araméen. Bien qu’évincé comme langue populaire, il resta une langue vivante jusqu’en 200 ap. J.C. dans les montagnes de Judée. A l’exception de la Samarie, la langue littéraire fut remplacée par l’araméen. L’hébreu biblique tardif présente de nombreuses similitudes avec l’hébreu mishnaïque qui était la langue populaire de l’époque. Des exemples étant les lettres de Shimon bar Kokhba, leader de la seconde guerre judéo-romaine (132-135), et le rouleau de cuivre, un des manuscrits de Qumrân.

L’hébreu mishnaïque est composé de plusieurs dialectes:

Les Karaïtes qui refusent la sacralité de la loi orale et n’attribuent de la valeur qu’à la Miqna, sont les défenseurs d’une langue pure, tout comme l’était Saadia Gaon au 10ème siècle. Le texte biblique actuel fut adapté par les karaïtes de Palestine aux 9-10ème siècles. Deux familles importantes de Tibériade participèrent à la rédaction: les ben Asher et ben Naphtali. Leur rôle fut d’une importance capitale pour la littérature. Ils ont insérés les systèmes de vocalisation et de cantillation dans le texte biblique, et ces systèmes ont été adoptés par l’ensemble des communautés juives du monde. A la même époque, l’araméen et l’arabe étaient également des langues parlées et écrites.

Du 11è siècle jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, les textes en hébreu ashkénaze se développent. Sa base se compose de l’hébreu mishnaïque ainsi que de l’araméen du talmud babylonien. Ce sont des écrits à caractères religieux et normatifs, dans lesquels on retrouve des éléments de diverses langues slaves ainsi que du Yiddish et du haut-allemand. Il influença largement l’Ivrit, l’hébreu moderne, langue vivante qui commença à se développer au siècle des Lumières et du mouvement de la Haskala milieu du XVIII et XIXè siècle. Il s’agit de la renaissance de l’hébreu en tant que langue écrite. Le mouvement débuta en Prusse vers 1790 à Berlin et Kœnigsbourg, pour s’étendre vers la Pologne et l’Ukraine. L’objectif était la création d’une langue hébraïque pure et d’un patrimoine national dans les cercles juifs. Éliézer Ben-Yéhouda joua un rôle capital dans la résurrection de l’hébreu en tant que langue vivante et parlée. Né en Biélorussie en 1858, il rédigea deux articles promouvant l’hébreu en tant que langue parlée des juifs. Langue qu’il pratique dans sa famille. Il déménage à Jérusalem en 1880 et crée le Wa’ad HaLaschon, Comité de la langue hébraïque, devenue en 1953 l’Académie de la langue hébraïque. À sa mort, en 1922, l’hébreu est parlé par des dizaines de milliers de personnes. Aujourd’hui deux courants existent: le traditionnel, prôné par l’académie qui veut lier son évolution à des formes linguistiques historiques et un courant plus progressiste, soutenu par les professeurs d’universités et défendant un développement plus libre de la langue. De nos jours, plus de 9 millions de personnes parlent l’hébreu moderne.

Bibliographie:

Mireille Hadas-Lebel L’Hébreu : 3000 ans d’histoire, Albin Michel, paris 1992

Samuel Preiswerk, Grammaire Hébraïque: Précédée D’un Précis Historique Sur La Langue Hébraïque, Ulan Press, 2011

Kessler-Mesguich, S. Langue Des Sages: Matriaux Pour Une étude Linguistique De L’hebreu De La Mishna : Collection de la Revue Des Etudes juives, Peeters Publisher, Leuven 1982

Yaron, Y & Pessah, Joe, An Introduction to Karaite Judaism: History, Theology, Practice, and Culture, An al-Qirqisani Center (ed.) 2003

Je suis orientaliste et psychanalyste-psychothérapeute. Combinant les deux formations, je m'intéresse particulièrement à l'ethnopsychanalyse et à l'approche historique des communautés juives dans le monde arabe. J’aime appréhender les domaines de ma spécialité dans une perspective comparatiste et pluridisciplinaire. Je vis en Belgique dans la ville universitaire de Leuven.

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