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Je suis orientaliste et psychanalyste-psychothérapeute. Combinant les deux formations, je m'intéresse particulièrement à l'ethnopsychanalyse et à l'approche historique des communautés juives dans le monde arabe. J’aime appréhender les domaines de ma spécialité dans une perspective comparatiste et pluridisciplinaire. Je vis en Belgique dans la ville universitaire de Leuven.

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Bassatine, le cimetière juif du Caire

Myriam AmoësMyriam Amoës

Le cimetière juif du Caire fut octroyé à la communauté, en tant que concession, par le sultan Ahmad Ibn Touloun au 9ème siècle, époque où l’éminent penseur juif Saadia ben Joseph al Fayumi vivait en Egypte. Bassatine est le second plus vieux cimetière juif au monde, après le cimetière du Mont des Oliviers. Il se situe entre le centre du Caire et le quartier de Maadi, au sud du Caire, en Egypte.

Depuis 1967, et suite à la guerre des Six Jours, le cimetière, où se trouvent des centaines de tombes enfuies sous le sable, fut régulièrement pillé et des centaines de pierres tombales furent détruites. Les pierres tombales en marbre furent volées avec comme conséquence directe, la perte des noms des défunts. Lors de ma visite en 1990, soumise à une autorisation au préalable, l’endroit n’était que désolation. Des routes étaient tracées dans le cimetière et les mausolées des grandes familles étaient squattés par les familles musulmanes les plus pauvres, originaires du Caire ou de Haute-Egypte. C’est là que les enfants les plus pauvres du Caire naissaient et que des familles d’une vingtaine de personnes s’entassaient. Une étoile de David, me rappelait qu’il s’agissait de tombes juives et, ici et là un bloc de marbre, faisait office de table.

Dans les années nonante la communauté juive enterrait toujours ses morts à Bassatine. Enfin d’empêcher la destruction de leurs tombes, les pierres tombales étaient réduites à une dalle en béton, avec une inscription en français, le dernier graveur capable de lire l’hébreu étant décédé dans les années quatre-vingts.

En 1988 le cimetière était menacé par la construction d’un nouveau périphérique. Des délégations de rabbins orthodoxes américains, européens et israéliens se sont rendues au Caire afin de rendre caduc l’accord négocié par des représentants de la communauté juive du Caire, prétextant que celle-ci n’avait aucune autorité rabbinique. L’accord prévoyait une somme de 30000 $ afin de déplacer 300 tombes et leurs squelettes, alors qu’un changement de tracé aurait couté 150000 $ à l’état égyptien. Suite à cette intervention l’attention de la presse internationale fut attirée par le problème.

La fédération sépharade mondiale décida d’envoyer des fonds en 1991. Sous l’auspice de madame Carmen Weinstein, présidente de la communauté juive d’Egypte, décédée en avril 2013, un mur de protection de deux kilomètres de long, qui entourait une partie du cimetière, fut construit et des arbres y furent plantés. Le but était d’enrailler l’extension urbaine et d’embellir le cimetière. La digitalisation des tombes du cimetière fut entreprise par l’équipe d’Aaron Kiviat, avec des fonds américains et des fonds provenant du Jewish Community Council (JCC). Il créa une base de données comprenant 4000 noms de défunts.

Aujourd’hui le cimetière n’est à nouveau que désolation. Il est pillé, partiellement inondé et envahit par les ordures. Une partie du cimetière fut saisie par le service des antiquités. Le mur construit sous les auspices de madame Carmen Weinstein a été détruit afin de permettre la construction d’un système d’égout. Bien que ‘gardé’, la tombe de madame Weinstein, décédée en 2013, fut violée quelques heures après ses funérailles par les jeunes du ‘quartier’. Madame Nadia Haroun, l’un des plus jeunes membres de la communauté, âgée de 59 ans décéda un an plus tard en mars 2014. Lors de ses obsèques les routes entourant le cimetière de Bassatine furent fermées et les habitants furent tenus à distance. Il ne reste aujourd’hui que 11 juifs au Caire. La plus jeune est âgée de 61 ans.

Bassatine, le cimetière juif du Caire

Bassatine, le cimetière juif du Caire

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